Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 14:19

racines du mal2

Parce que les discours sont toujours porteurs de « signaux » et que nous sommes souvent prisonniers de la faconde et du bagou, il nous faut relire certains textes d’hier à l’origine de certains des maux qui assaillent la GLNF aujourd’hui. 

Pour être plus lucide demain ? Lisons et relisons ces « morceaux de bravoure » tout emprunt d'une lexicologie maçonnique de bon aloi...serons-nous demain les dupes de ces mêmes mots ?

 

En déposant ici la clef du Temple qui vous était confiée, T.R.G.M. Claude Charbonniaud, vous n’entrez pas dans l’Histoire de notre Maçonnerie comme un Grand Maître du passé mais bien comme celui du Grand Passage.

Du Grand Passage d’un millénaire à un autre.

Et surtout d’un monde s’effaçant devant un nouveau monde naissant, et d’où les hommes de demain émergeront porteurs d’une civilisation nouvelle.

Civilisation née des blessures, du labeur, également de la foi de ses bâtisseurs : une civilisation engendrée par une explosion technologique aux applications bénéfiques prodigieuses que nous ne maîtrisons guère aujourd’hui.

Pas plus que nous ne maîtrisons les utilisations funestes qu’elle génère.

Tout reste à découvrir ou à inventer. Tout reste à bâtir.

C’est un défi exaltant mais démesuré.

La Maçonnerie ne peut pas se dérober à ce défi.

Vous aviez souligné que cette révolution technologique remettrait en question les valeurs qui structuraient notre foi en l’Homme. On ne passe pas impunément d’une société industrielle à un univers de microprocesseurs, pas plus qu’une modeste communauté ne peut devenir une Obédience de 30.000 Frères sans acquitter un droit de péage.

Votre élévation à la Grande Maîtrise vous confrontait à des problèmes nouveaux, à des difficultés causées aussi par notre forte et rapide expansion.

Les Obédiences de notre vaste famille planétaire connaissaient, également des turbulences. Elles aussi médiatisées.

 

En France, certains médias accablèrent la G.L.N.F. avec une agressivité étrange. Nos désordres - les premiers en 60 ans - étaient pourtant des tempêtes dans un verre d’eau comparés aux nombreux et bruyants scandales qui ébranlaient des obédiences françaises non régulières.

Des jugements sévères portés contre nous concernaient en fait … une trentaine de Frères indignes de leur tablier.

Lesquels radiés par vous, représentent statistiquement un Frère égaré pour 999 Frères irréprochables. Un sur mille !

Soyons réalistes : Quelle institution humaine compte en ses rangs moins d’un membre répréhensible sur mille ?

Les bilans des forfaits et des forfaitures qui accablent plusieurs des institutions de notre pays, et d’autres nations, sont autrement plus lourds et plus déshonorants.

 

Je ne serai pas le « passeur » car déjà nous abordons l’autre rivage où nous sommes désorientés, sans repères.

Mon rôle s’inscrira dans l’exploration d’une prospective, d’une anticipation permanente et dans le primordial sauvetage de nos valeurs fondamentales, tant morales que spirituelles, qui, nous le savons sont désormais en péril.

Je veillerai au strict respect des Règles de notre Régularité et également à l’exigeante nécessité de nous adapter à d’autres valeurs, nouvelles, inconnues. Au sein de cette société qui se créée, non sans désordres graves, et dont les membres sont en quête de nouveaux repères.

Nous marcherons ensemble à la rencontre des raisons d’espérer, d’agir. Nous savons les trouver dans l’égrégore et l’athanor de nos Temples, de nos rituels, de notre morale.

 

Au delà de cette quête maçonnique, mon rôle sera inévitablement celui d’un gestionnaire d’entreprise.

Gestionnaire vigilant et pointilleux. Notamment pour ce qui est des métaux qui nous sont confiés par nos Frères.

Gestionnaire d’une entreprise qui, aujourd’hui que vous m’en transmettez la clef, n’est plus ni petite ni moyenne.

Que nous le voulions ou non, toute institution humaine de cette dimension, serait-elle strictement initiatique, doit être gérée avec rigueur.

Fermant la porte d’un monde appartenant à l’Histoire, et ouvrant celle d’un monde inconnu, vous nous léguez les fruits nombreux de votre labeur.

Votre bilan est important. On en retiendra d’abord que vous avez mené à terme trois réalisations capitales : d’une part l’édification de notre grande Maison de Pisan, d’autre part la création et l’adoption des Statut Civils de notre Grande Loge, ainsi que notre nouveau Règlement Général.

On vous doit les consécrations des Grandes Loges du Sénégal, du Togo, du Bénin, de Russie, de Madagascar, du Maroc, d’Andorre, d’Afrique Orientale (Djibouti), du Cameroun, la Co-Consécration de la Grande Loge du Mali et de Guinée. Celle du District d’Ukraine, la reconnaissance de la Grande Loge de Roumanie et celle de Slovénie.

En France ce furent les constitutions des Provinces d’ Alpes Méditerranée, de la Grande Couronne, de Neuilly-Bineau, de Septimanie, de Guyenne et Gascogne, du Dauphiné-Savoie, de la Vallée-du-Rhône, de Brie-Champagne, et de Bourgogne Franche-Comté.

Ce furent enfin la reconnaissance du Grand Chapitre Français, la francisation de la Grande Loge de Maîtres Maçons de Marque pour la France, l’accréditation d’un Directoire Régulier des Loges Rectifiées, la reconnaissance du Grand Prieuré Rectifié de France.

Nous souhaitons que le Grand Maître d’Honneur que vous devenez aujourd’hui soit, à l’avenir, prodigue de ses conseils. Votre expérience des séismes nous sera utile.

 

Nous saluerons maintenant les quarante sept délégations des Grandes Loges étrangères venues d’Europe, d’Afrique, d’Asie, et d’Amérique.

Soyez les bienvenus, vous tous nos Frères. Votre présence nous va droit au cœur. Elle nous honore, et surtout réchauffe notre fraternité.

Notre joie de vous recevoir ne saurait occulter le deuil que portent tous nos Frères de la G.L.N.F. suite à l’abomination perpétrée le 11 septembre aux Etats-Unis et à l’infamie des agressions bactériologiques qui suivirent.

La statue de la liberté à New York, œuvre de notre Frère alsacien BARTHOLDI, est emblématique de la chaîne d’union liant les Etats Unis d’Amérique et la France, grâce aux illustres Francs-Maçons à l’origine de cette nation-phare : Benjamin Franklin, La Fayette, Rochambeau, l’amiral de Grasse-Tilly, l’amiral d’Estaing, Paul Jones, Georges Washington, et tant d’autres grands bâtisseurs de ce berceau de la démocratie.

Aujourd’hui nos pensées vont vers nos Frères combattant pour la défense de nos libertés si chèrement acquises.

 

Je terminerai en m’adressant à vous mes Frères de notre Grande Loge Nationale Française. Je le ferai avec ma logique et mon expérience. Et ma foi immuable en notre idéal.

Egalement, avec ma profonde affection.

Vous vous interrogez sur les turbulences que traverse notre Maçonnerie Régulière.

Deux questions vous préoccupent prioritairement :

1°) Connaissons-nous les causes de ces désordres ?

2°) Disposons-nous des moyens de les éradiquer ?

Je m’en tiendrai aujourd’hui à citer une seule de ces causes, récurrente source essentielle de nos disfonctionnements majeurs :

« …Manquements à l’Éthique, méconnaissance de l’Éthique, effritement, déliquescence, disparition de l’Éthique … »

La Maçonnerie trouve sa raison d’être dans la recherche du perfectionnement de l’Homme. C’est-à-dire d’abord dans l’élaboration et le respect d’une Éthique maçonnique. Or, notre Maçonnerie est gravement malade de son Éthique.

Pour de nombreux frères « L’Éthique, c’est la Règle que les autres ne respectent pas ».

A ceci près que nous sommes tous «  les autres »de quelqu’un d’autre. Et que l’Ethique n’est pas une Règle.

 

J’entends pallier cette carence qui menace notre Ordre : La majorité des Frères de la Grande Loge Nationale Française sont fiers de leur Obédience et de leur Régularité. Ils travaillent à l’épanouissement d’une Maçonnerie fidèle à la Tradition. Et dont l’Ethique restera la clef de voûte quoi qu’il puisse advenir.

 

Toutefois parmi les flèches qui nous blessent, beaucoup - hélas - proviennent de Frères appartenant à notre Ordre.

Lesquels à l’extérieur, y compris sur nos sites Internet, dénigrent et discréditent la G.L.N.F. Comme ils discréditeraient toute autre obédience dont ils seraient membres.

 

Je sanctionnerai ceux qui - par leurs actes, leurs paroles ou leurs écrits - compromettent notre Ordre ou qui compromettent leurs Frères, ce qui revient au même.

Afin de nous doter d’un dispositif efficace, j’étudie la création d’une Commission chargée d’étudier vos suggestions.

Laquelle enregistrera également vos doléances justes, en évitant de devenir un Bureau des Pleurs.

J’entends privilégier une transparence souhaitée par tous grâce à une structure de Communication extérieure mais également interne, mieux adaptée à nos nouveaux besoins.

Nous connaissons désormais le coût exorbitant de la confiance accordée a priori et dont nous n’étions pas avares.

J’en appellerai donc à une extrême vigilance, principalement au niveau du recrutement et des régularisations.

Ce qui implique un rejet réel, drastique de l’affairisme des Fraternelles de métiers. Ou de certains « clubs » dont la finalité nullement maçonnique en est en fait le dévoiement.

Ceux qui recherchent une Obédience fleurant bon le club affairiste et mondain, ou à l’opposé, l’école dogmatique, sectaire, intégriste ou non, perdront leur temps parmi nous.

Aucun Frère, ne pourra se prévaloir, de son grade et de sa charge en cas de faute grave contre l’éthique, ou de manquement à notre Règle en Douze Points.

Plus la charge et le grade seront élevés, plus la sanction sera exemplaire.

Je ne chipoterai pas non plus sur les audits indispensables.

Dans le cadre de nos Règlements, j’interdirai l’accès de nos Temples aux hommes indignes d’y pénétrer.

J’en chasserai ceux qui tromperont notre vigilance.

 

En 1992, j’ai quitté ma charge de Grand Maître Provincial de Provence. J’ai alors radié 72 Frères qui constituaient un danger potentiel avéré pour notre Obédience. Je l’ai fait sans que les médias ou la justice aient eu à s’en mêler. Nul n’entendit jamais parler de cette purge radicale et salutaire.

Comme par le passé, je sévirai sans état d’âme, ni mansuétude lorsque des Frères bafoueront les lois de la morale ou celles de la République.

Tout nous amène donc à créer intra muros un espace qui se situera aux antipodes du monde extérieur actuel. Et tout nous obligera à le protéger.

Bien entendu, dorénavant un Maçon ne peut plus vivre en marge du monde profane et feindre l’ignorer.

 

En terminant je vous rappellerai que notre Maçonnerie Régulière doit nous permettre d’atteindre l’état - d’accès difficile - mais nullement utopique, où nous nous reconnaîtrons en tant que Maçons authentiques :

* Où nous éprouverons plus de joie à être qu’à paraître.

* Plus de bonheur à donner qu’à recevoir.

* Plus de joie à savoir qu’à avoir et autant à chercher qu’à trouver.

J’entends donc privilégier tout spécialement notre développement spirituel et l’épanouissement de notre fraternité.

Ainsi que notre Ethique maçonnique qui en a grand besoin.

Enfin, je prendrai la mesure de l’expansion des détresses frappant de nombreux Frères et leurs familles. J’étudierai le fonctionnement de l’O.A.F. et les réformes éventuellement nécessaires pour leur apporter une aide plus efficace.

 

Mes Frères il serait discourtois envers nos invités d’évoquer plus avant ce vaste labeur qui nous attend.

Nous le traiterons lors de la Tenue exceptionnelle de l’Installation du Grand Collège.

Membres d’une seule très grande famille, quittons-nous ce soir en partageant ensemble les sentiments que nous éprouvons devant l’immensité des tâches qui nous attendent tous.

Je dis bien qui nous attendent tous.

A force de recevoir des honneurs, on finit par croire qu’on les mérite !

Je ne suis pas homme à confondre un honneur et une charge très lourde.

 

Le bien fondé de l’honneur que m’accorde votre confiance se mesurera, plus tard, à la lecture du bilan.

Quant aux obligations et aux devoirs, je les assume depuis trente quatre ans, ils seront désormais simplement plus lourds.

 

A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers.

Paris La Défense, le 1er Décembre 2001.


Partager cet article

Repost 0
Published by Sturm und Drang - dans Paroles de FF
commenter cet article

commentaires

Emile Ouaknine PGM Royaume du Maroc 08/09/2011 20:56


Mes Très Cher Frère,

Oh oui je me souviens de son beau discours le jour de installation Jean Charles Foellner et combien ses paroles étaient en opposition avec ses actes. Comme premier acte majeur : le rejet sans
honneur comme un malpropre de Yves Trestournel, de celui, qu'on a aimé ou détesté peu importe, qui l'a porté jusqu'à la Grande Maitise.

Ma réaction a été cinglante devant un Orient de GGMM et GGOO, en prenant la parole en tant que Grand Maitre Fondateur de la Grande Loge Régulière du Royame du Maroc a été de m'élever contre de
telles pratiques anti maçonniques et si peu fraternelles dans notre monde de loyauté et de fidélité.

Ce manquement à l'égard d'un TRF qui a tant donné pour la GLNF m'avait choqué et je ne pouvais l'accepter au nom des principes les plus élémentaires qui guident ma vie d'homme libre et de bonnes
moeurs.

Par cette prise de conscience j'ai voulu que celui qui allait guider les destinées de la GLNF, reste fidèle et loyal et non être aveuglé par son EGO.

Je suis devenu l'homme à abattre. qu'a-t-il gagné? le néant.

Il a monté des SCI ? des "temples" de pierres sans souffle divin, à l'image des ruines de l'histoire.

Moralité qui va se soucier de ses genres d'hommes qui pensent contruire des tours de BABEL pour se mesurer à D.

Quelle Arrogance, quelle impudence.

Lui et ses semblables ne pensent pas une seconde que plus l'homme s'approche de la LUMIERE (Sagesse) plus il est infiniment petit, voir inexistant.

Pitié mes FF mettez en place un système où le GM devra passer devant le vote de ses semblables tous les ans avec un maximum de 3 votes par exemple.

Cela reduirait certaines dérives "monarchiques"

Frat.

Emile Ouaknine
PGM


Pyramide 08/09/2011 14:38


Ces textes de JCF, publiés sur certains blogs au début de tout cette histoire, sont impressionnants par leur brillant et pertinent contenu.

Non seulement on en attend encore la réalisation mais on a surtout abouti à la réalisation inverse.

Comme quoi les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent.


myosotislutece 08/09/2011 19:59



Une belle leçon pour tous les Maçons !


Retenons-là, surtout.


Pour aujourd'hui, c'est trop tard. Mais pour demain !



Présentation

  • : Le blog de myosotislutece
  • Le blog de myosotislutece
  • : Le Blog de Lutèce Tribune libre de Frères de la Province de Lutèce de l'ex-GLNF pour défendre et rétablir les valeurs de la vraie Franc-Maçonnerie.
  • Contact

Recherche

Newsletter